FUMETTO
Finie la sieste ! Le soleil a ouvert les yeux et joue sur les volets clos.
« Laissons entrer la lumière ! » dit le vieil homme en poussant le lourd volet de sa chambre qui surplombe la rue. « Au large, roues de carrosses ! » murmura-t-il en observant le chasse-moyeux au coin de la route de La Truanderie.
Plus loin, un lampadaire haut perché, frustration des chiens et des ivrognes, ne semble pas vouloir s’éteindre.
Revenu dans sa salle de vie, d'une fenêtre sur cour, il peut voir une chambre de bonne au dessous de laquelle une croisée d'époque Renaissance a sa partie supérieure obturée. Inlassablement, il s’interroge : « Mais quels fantasmes se cachent derrière ces murs … ? »
Plus tard, sur le chemin du Marché couvert, il observe la façade de la vieille église bâtie, effondrée, rebâtie, restaurée à différentes époques. « Combien d'ouvrages successifs pour arriver à ce résultat pareil à une ruine … ! Pauvres tailleurs de pierres bafoués ! »
Plus loin, sous un toit, une ouverture s'orne d'un porte-poulie désormais sans avenir. En contrebas, un vieux linteau vermoulu protège une porte de bergerie restaurée, désormais débarras, cave ou abri pour bois de chauffage.
Près de là, dans un mur, dès les premières marches d'un escalier, une meurtrière prévient : « Passe ton chemin ou je tire ! » Qui est caché derrière : huguenot, bourgeois, mari jaloux … ?
Près de la Place du Marché, un entablement prend une étrange pose de danse alors qu'en face un dessus-de-porte exhibe une guirlande : « Mais que fêtent ces boules … ? ».
Sur le côté de l'entrée des halles, une meule de rémouleur évoque un métier d'autrefois.
Au dessus, une niche vide questionne : « Que suis-je ? Alcôve, cavité, creux, nid, trou … oratoire pour âme perdue ? »
Seul répond le silence.